jeudi 11 novembre 2010

Vietnam du nord entre mer et montagne

En direct d'Hanoi, une petite guest house au fond d'une ruelle du vieux centre...
Nous voila donc partis depuis une semaine, et quelle semaine !
Partis de Stockholm pour Bangkok via Pekin, apres un dur et long voyage, nous prenons une journee pour la visite expresse de la capitale thailandaise quasi innondee. Quelques temples, un premier plat de noodle dans la rue... on essaye de renter dans l'ambiance chaleureuse mais tellement bordelique !
From Vietnam

Le lendemain a l'aube on prend un vol pour Hanoi... envie de souffler nous decidons de partir direct pour l'ile de cat ba afin d'explorer la baie d'Halong.
Une fois sur place nous composons un equipage avec 2 Suissesses et 2 Allemandes pour affreter une Jonque et ses 3 membres d'equipages devoues (mais qui ne parlent que vietnamien...)
2 Jours a naviguer dans ce decor grandiose, entre farniente, baignade, kayak entre ces roches ou dans des grottes, et bon petits plats, Un lever du jour mystique dans la brume...
From Vietnam

Une nuit de plus a catba, une matinee en moto sur de belle petite route a l'assaut d'un petit sommet du parc national voisin... Et on remet le cap sur hanoi, transfert un peu complique entre panne de bateau et incomprehension mais nous decidons d'emnarquer de suite pour un train de nuit vers les montagnes du nord autour de Sapa...
From Vietnam

A 7h du mat nous sommes donc en montagne et partons pour un trek de 2 j avec une guide locale, nous passons des petits villages avec des gens autenthique, le soir nuit chez l'habitant acceuil incroyable, partage d'un repas somptueux malgre toute cette simplicite, autour d'un feu dans une cabane, nous dormons sur une planche berces par les rire tardifs de cette joyeuse famille mais aussi celui des chiots des porcs et des poules...
From Vietnam

Une autre journee de trek et d'emerveillement nous redescendons et prenons un train retour vers Hanoi, Arrivee a 5h du natin nous mardchons dans cette ville qui se reveille... et quel reveil quelle folie de moto, de bruits, d'odeurs, de couleurs !
Nous y passons une journee harrasante et nous voila fatigue, demain reveil a 4h, on prend un avion pour Danang au centreb du vietnam, peut etre de la pluie, mais surement d'autres enerveillements...

Sinon on va super bien, on espere que vous aussi et on vous embrasse !

A bientot pour la suite ...

F&L

lundi 29 mars 2010

Sprint final !

Oh le voici le voilà finalement le dernier volet du récit de ma transat... Jamais facile de finir une aventure comme celle la ! j'epsère que vous apprécirez ce dernier morceaux, je vais pouvoir m'atteler au récit de la migration de la cigogne en terre scandinave maintenant, le printemps arrive, finit l'hibernation ;-)

Nos trois Pogos 1 (Champion, Bertho et Meyer) restent groupés au classement. Dès que les alizés de sud-est seront installés, va débuter la dernière grande phase : un marathon dans un vent soutenu et une mer formée. Un travail d’équilibriste et d’endurance, tant pour le bonhomme que pour le matériel.



18 octobre, quelque part loin de tout, la ou des avions peuvent s'écraser loin des radars...
Nous voilà donc sorti du pot au noir, l'alizé de sud est est établi, le soleil est revenu...
Il reste quand même 1400 milles a parcourir, une dizaine de jour... ce n'est donc pas vraiment un sprint donc, mais c'est le coté « final » qui change tout... A partir de la mon état d'esprit devient complétement différent, le gros morceau de l'épreuve est passé, l'objectif semble maintenant plus atteingnable, presque palpable, donc j'y pense... Penser a l'arrivée, a la terre, a tout ce qui me manque, marcher, courir, sentir les odeurs de la terre, une bière, une caipi, le brésil... et puis après l'europe, ma chérie, ma famille, mes amis... quelle vie m'attend ensuite ?
Et oui, la tête travaille beaucoup, mais c'est qu'il n'y a plus grand chose a faire a bord, au près bon plein babord, tout est réglé au petits oignons depuis belles lurettes, tout ce qui est matossable a été matossé au mieux, le pilote travaille peu voir pas du tout (la vitesse optimale s'obtient barre amarrée et voiles bien réglées), par contre la musique et bien a fond, et je dors beaucoup...

Je suis en contact radio avec Marc et François qui me talonnent a moins de 20 milles, cette compagnie est bien sympa, rassurante si loin de tout et permet de comparer periodiquement nos vitesses et nos progressions.

sur le site « Le havre course au large », le 19/10/09, on pouvait lire :
« Du côté des Pogo1, Sandrine Bertho semble avoir un peu laché prise, poussant un peu loin son bord au sud-est à la sortie du pot au noir. Elle accuse désormais une cinquantaine de milles de retard sur François Champion à la hauteur duquel elle était auparavant. François Champion est lui bien calé sur la route directe à une belle 26ème place. Il est pourtant une quinzaine de milles derrière l’étonnant Fabien Meyer qui partait sur cette transat sans beaucoup d’expérience, désireux de maîtriser toujours mieux les paramètres de la course au large. Gageons qu’il apprend plutôt vite. Il est pour l’instant l’auteur d’une superbe deuxième étape, régulier et judicieux dans ses choix. »


Ce passage de la course est assez diffus dans mes souvenirs, 8 jours avec 2 seuls points de repère : le passage de l'équateur, puis le passage a l'est de Fernando de Noronha, en dehors de ça, ce sont juste des chiffres de lattitudes qui défilent et donnent une idée de la distance qui reste et du temps qui passe...

L'équateur... cette ligne qui sépare notre planète en deux... A la fois très abstrait, mais en même temps c'est un des passage les plus concret qu'on peu se représenter lors d'une traversée comme celle ci. On a tous prévu un petit quelque chose de spécial a boire, certains se déguisent même ou improvisent une fête... Pour moi ce sera simple mais rudement efficace, il est 5 heures du matin ce 20 octobre et il fait nuit noire alors que j'approche cette ligne mythique, je sors d'un gros sommeil, sans réveil, je me frotte les yeux, jette un coup d'oeil dehors, rien, comme toujours.... Que la fête commence ! Musique ! Je fouille dans ma cambuse (une grosse caisse en plastique), je sais qu'il y a quelque part la dedans un petite fiole dans un petit etuis en bois, une petite flasque de chartreuse recyclée en rhum arrangé que mon ami yago m'a remis a l'escale a Madère... la voici ! Tout est prêt, comme pour un réveillon de nouvel an, sauf que le compte a rebourd est donné par le GPS... 0°00,125'N / 30°25'W.... Nous y sommes, la caméra est branché pour avoir la sensation de partager ce moment avec quelqu'un, je m'envoie une bonne rasade de rhum en guise de café ! ArgrrrrrG, c'est bon mais c'est fort ! Nous voilà au sud, je m'attache et sort fumer sur le pont, philosopher en attendant le lever du soleil, la tête me tourne agréablement, il fait bon, je suis perdu... serait ce donc un moment comme ca que je suis venu chercher ici ?

La fin de journée est néanmoins assez animée, d'abord j'ai 2 oiseaux qui m'escortent et me tournent autour pendant plusieurs heures, je ne me lasse pas de les regarder jouer, des genres de fou de bassan bien colorés, sans doute une colonie qui vit sur Fernando de Noronha et qui signifie donc en quelques sortes que le continent américain n'est plus très loin...
Et puis une voile au loin derière qui aparaît, je m'inquiète alors de savoir qui me rattrape si vite mais après un contact VHF, il s'agit une fois de plus des amis de Podo (Podorange, un beau bateau accompagnateur de 70 pieds). Il aimeraient prendre quelques photos de Roxane et nous voilà donc en train de choquer au mileu de l'atlantique pour attendre un bateau de 70 pieds !
Il sont sur nous juste après le coucher du soleil, visions suréalistes, ils sont tous sur le pont, mais ils sont déguisés avec des toges et autres accoutrements gallo-romains, c'est leur fêtes d'équateur, et vu de l'exterieur ca donne pas mal ! Photos, vidéo, bavardages, ce gros vaisseau fend cette mer hachée d'une manière bien différente...


Le 21 octobre a 20h TU. Dernière marque de parcours : Ferando de Noronha que je laisse assez loin sur tribord, une vingtaine de milles qui me permettent juste d'apercevoir ce doigt étonnant sorti de l'océan... Un petit paradis paraît il... je regrette presque de ne pas avoir un problème technique m'obligant a faire escale... Marc n'est plus très loin derrière et je l'aide a apercevoir ce petit bout d'île.
La trajectoire est donc plus libre a compter de maintenant, on vise donc le 13°Sud, toujours cap au 205-210, l'allure est un peu moins « serré », la météo annonce plutot de l'adonnante voir du Nord-est pour l'arrivée sur les cotes Brésilienne mais je suis septique et pour rien au monde je ne veux tirer des bords a la cote comme nous avions fait sur « l'esprit d'équipe » il y a 2 ans. Alors je reste sur la route directe, cap au 210... Mais progressivement « ça ouvre », le vent adonne doucement, il va être temps de passer sous gennaker mais c'est encore un peu fort, plus de 15 noeuds... Les pogo 2 arrivent a le tenir mais pas nous... on en rage avec François mais on se console en se disant qu'on va se tirer une belle bourre jusque dans la baie de bahia tous les deux.

22.10 « Le havre course au large »
Côté Pogo 1, Fabien Meyer contient toujours les assauts de François Champion et semble bien vouloir lui résiter jusqu’au bout. Mais 10 milles séparent seulement les deux hommes, il va y avoir du match entre les deux. Sandrine Bertho est elle désormais un peu décrochée 100 milles derière payant toujours son bord un peu trop à l’est à la sortie du pot au noir.


Ce jour la ca marche fort, je suis sous gennaker, pile sur la route, le bateau est a pleine puissance, bien équilbré, il « laboure » la mer a 7 noeuds... François me talonne, a la seule différence qu'il marche avec son code 5, voile que je n'ai pas a bord (nous sommes limité a 8 voiles et j'ai opté pour un génois a la place), cette voile intermédaire entre un gennaker et un spi lui permet de decendre de quelques degrés plus bas, et surtout avec un peu plus de surface donc un peu plus de vitesse... En début de nuit je vois son feu me passer tout doucement a quelques milles sous mon vent, impuissant je ne peux rien faire, j'essaye d'abattre un peu pour le suivre mais je ne suis plus dans le « range » de ma voile et je perd trop de vitesse... Je ne suis pas pour autant contrarié mais je jubile de ce match intense qui est en train de se jouer, il me passe d'une manière si propre, il ne s'agit pas d'une avarie ou d'un coup de fatigue... il le mérite, c'est bien lui qui m'a poussé jusque la sur cette deuxème étape !

23/10
Le match n'est pas pour autant terminé, le vent adonne encore, je suis desormais derrière, c'est a moi de prendre les risques... je passe sous grand spi un peu plus tot et reviens sur lui quelques peu avant qu'il ne fasse de même. Cette fois ça devient sport, tout les deux au largue sous grand spi dans un vent qui semble se renforcer doucement... ça tartine a bloc et il n'y a plus moyen de lacher la barre, d'autant que cette fois c'est moi qui ai un léger avantage en cap et en vitesse, je reviens sur lui en grapillant quelques dixièmes de milles tout au long de la journée... Le soleil se couche, le vent monte encore, la fatigue gagne du terrain... Un petit contact a la VHF pour se jauger... Je sais qu'il ne lachera rien le bougre...
Vers 2 heures du matin la fermeture intempestives de mes paupières provoque quelques beaux départ au lof, je ravise ma stratégie de contact et pense a plus long terme : aller dormir correctement 2-3 heures pour rattaquer a fond les ballons a lever du jour... J'affale le spi et m'affale...
Vers 5 heures, je tente de sortir de ma léthargie pour mettre en action la phase 2 de mon plan, le vent est encore monté et ce sera sous petit spi. Je ne sais pas ce qui se passe, le vent est fort mais sans plus et pourtant pas moyen de tenir en place ce maudit spi, le voilà qui claque sans arret, me fait partir au tas, l'ecoute qui passe au dessus de la bome... et puis ca n'avance pas, rien ne va, je m'enerve contre tout les éléments pendant plus d'une heures, je tire sur les bouts, me cogne partout, je suis de mauvaise humeur mais j'insiste, si je ne met pas le paquet maintenant je peux dire adieu a François, même lui essaye de m'aider par VHF mais en vain... Peine perdue, au bout d'un certain temps je me surprend a hurler, a frapper la bome, fait chier, j'affale le spi en vrac et je retourne m'allonger, le repos étant le seul remède quand l'enervement et la mauvaise attitude ont pris le dessus...

Un peu de repos et j'y retourne, plus calmement, je prépare bien la manoeuvre et feu, voilà la spi en tête... Oh miracle, voilà le bateau qui bondit et glisse sur toutes les vagues, le spi et la trajectoire stable et sereine... J'essaye de comprendre et réalise soudain mon erreur monumentale, dans mon réveil précipité et mon agitation, j'avais envoyé mon spi « a l'envers » (ecoute a la place de l'amure), trop de fatigue, manque de lucidité, je n'ai jamais remis cela en question et je n'ai même pas su le voir... cette fois j'ai laissé passé définitivement ma place en tête des pogo 1, mais je l'ai bien mérité !
Alors je décide de me calmer, de naviguer proprement et de profiter de ces 2 dernier jours de navigation pour réaliser, « sortir un peu la tête du guidon », laisser un peu la course de coté et mes espoirs de faire une régate dans la baie de Bahia... Bravo François, c'est toi le champion, et merci pour cette belle leçon !

24/10
Vacation de 11H05 TU, Les arrivée s'enchainent a Bahia, une grosse dépression orageuse sévit labas, Il nous restait 271 milles a 7hTU, moins de 48 heures, on est tout proche... je suis dans un trou du classement, 20 milles devant et 30 milles derrière il n'y a personne... je n'ai jamais été si isolé sur cette 2ème étape, pourtant la côte brésilienne est la, toute proche, Recife est a moins de 50 milles dans mon ouest, il y a beaucoup de trafic mais mon compagnon François ne répond plus...
Le vent est soutenu, 20-25 noeuds et j'ai repris un rythme comme dans les alizés au nord, de belles sessions de 3-4 heures sous spi, pleine balle, peut être les plus beaux surfs de toute la transat, et puis des pauses d'une a 3 heures, pour manger au clame, un peu de someil, un empannage et c'est reparti, le vent a vraiment tourné NE et on descend a fond, mon petit spi fait des merveilles (quand il est a l'endroit ;-), la nuit je tire le bord au large, et la journée je me rapproche vers la côte... Basique mais prudent et efficace. La course est oublié, je tente de réaliser que c'est la fin de l'aventure, mais je ne réalise rien, je suis complétement deconnecté de tout. Ces journées me paraissent terriblement longues, je me reconnecte a cete notion de temps, ce temsp qui me sépare du retour, je regarde défiler les milles qui reste sur le GPS, je contrôle mon ETA (heure d'arrivée estimée), je n'ai pas envie d'arriver a « une heure a la con », genre 5h du mat, quand la fête est fini mais que personne n'est réveillé... Objectif : l'heure de l'apéro dimanche soir...

Le 25/10
C'est pour aujourd'hui, allez on accélère ! Je suis un peu mal à l'aise, envie d'en finir, content d'arriver mais j'ai un peu peur de cette reconnexion brutale, de cette ville bruyante et opressante...
J'essaye de profiter a fond de tout ça, mais je me rend compte qu'il est difficile de profiter de quelque chose qui est devenu une habitude, un quotidien, certes spécial, mais on s'habitue a tout...
voilà la côte, voilà la ville, les avions, les bruits, les odeurs... Cette ville est immense des gratte-ciel a pertes de vue, j'ai bien préparé mon approche pour ne pas faire de boulette si proche du but, mais je ne résiste pas a l'envie d'aller faire mon empannage tout proche de la plage, au milieu des kites- surf, j'entend la samba et les klaxons...
Je longe ces barre d'immeuble, j'ai affalé mon spi pour me laisser aller a la reverie et la contemplation, et puis voilà l'entré de la baie, le soleil vient de se coucher et c'est au crépuscule que je remonte au près vers le port, je préviens la ligne d'arrivée par VHF, j'enfile ma belle chemise blanche... Et je tente de repérer la lligne parmis toutes ce bouées et ces bateaux qui circulent... mais que fait celui ci ? Il me fonce droit dessus...
Ah voilà le comité d'acceuil ! Projecteurs et flash m'empêchent de dicerner qui est la pour m'acceuillir mais qu'importe je sors mon plus beau sourire, je vire et passe la ligne... au son d'un petit coup de klaxon... Voial la course est finie. J'affale ma voile d'avant, fait route vers l'entrée du port... un petit zodiac me remorque mais le moteur tombe en rade, il s'en faut de peu pour que ma course se finisse sur la digue du port, beinvenu au Brésil !

J'accoste et quelques amis sont la, François biensur qui me met à l'eau avant que j'ai eu le temps de réaliser... voilà c'est fait, le comité se disperse et on se retrouve a une petite poignée a boire des caïpi dans ce bar du club nautique que je connais déjà trop bien... L'alcool diffuse un peu plus mes sensations de retour, mais ce n'est finalement pas si difficile de redevenir terrien, beaucoup de fête d'abord, beaucoup de sommeil ensuite... Je crois que j'aurais préféré traverser dans l'autre sens et rentrer chez moi plutot que de me sentir perdu loin des miens de l'autre coté de l'atlantique mais bon le retour se fera progressivement, aujourd'hui quand j'y repense j'ai l'impression d'avoir révé, une parenthèse que je ne suis pas près d'oublier...

lundi 1 février 2010

Un gros poto bien costaud !

Hej ! Me revoila connecté pour vous livrer un nouvel épisode (l'avant dernier) qui fut une clé de cette transat : la traversée du "pot-au-noir"...
Je sais que vous attendez aussi quelques nouvelle du froid Scandinave, mais un petit résumé de ces mes début suédois viendra bientot, patience ! Sachez pour l'instant que tout va bien, il y a plein de neige, il fait parfois très froid (-15), plein de glace et que l'hiver ici est vraiment beau !
Stay tuned !





Le 13 octobre, 11ème jour de mer depuis Madère, il est 19h TU, ma position est 12°40'N / 26°20'W, il me reste un peu moins de 1800 Milles a parcourir, je n'ai donc pas encore tout a fait atteint la moitié de cette deuxième étape. J'ai trouvé mes compagnons de route, les numéros ont laissé place a des noms, ils s'apellent François, Marc, Sandrine, Gaetano, Yves... Aucun d'entre nous n'est vraiment un grand bavard accro de la VHF, mais les contacts sont réguliers, courts et chaleureux... on prend des nouvelles les uns des sautres, parfois a travers un relais. En ce qui me concerne je suis a la 31ème positions donc plutot derrière ce petit groupe après mon arrêt au stand dans le dévent de Fogo hier... Il fait extremement chaud, plus de 30°c a l'interieur de bateau aux heures chaudes. Mais cette journée est un pur bohneur, vent de NE force 3, ce qu'il faut pour faire une jolie moyenne autour des 7 noeuds sans forcer, et surtout aucun besoin de tenir la barre. Donc rangement, repos, cuisine, toilette, ménage, lecture, musique, pensées... Bref, pas le temps de s'ennuyer finalement au beau milieu de l'atlantique sous les tropiques, la vie est plutot belle mais il y a une petite apréhension : le pot au noir, cette zone que nous approchons nous inquiète, comment vais je réagir si je me retrouve scotché au même endroit pendant 2 jours ? Quel genre de grain ou d'orage terrible vais je rencontrer ?
Ce soir ca refuse un peu, je me décide a passer sous Gennak pour optimiser mon repos et en garder sous le pied pour le le « Poto », d'autant que c'est la nuit noire et que devant très loin le ciel pétille d'éclairs...
« François de Fab, tu me Reçois ?
« - Yes Fab, comment ca va ?
« - Impec après cette belle journée, mais tu vois comme moi devant ?
« - Je surveille ca depuis un moment, mais je crois que c'est très loin ce sera pour demain...
« - Ouais, surement, faut se tenir prêt, je vais passer sous gennak pour me faire une bonne nuit.
« - Quoi ? Tu déconnes, garde ton grand spi, tu vas pas laisser filer Sandrine !!!
« - Ahhhh je sais pas ...
« - Allez je compte sur toi ! On fait le bilan demain matin !
« - Ca roule, Bonne nuit

Et voilà, comment jours après jours on s'accroche... un grand merci donc a mon lièvre Francois en passant !

Le 14 octobre est une nouvelle journée plutot paisible, je suis desormais très proche de Gaetano que j'ai en visuel au loin sur mon avant babord. Francois doit etre vaiment tout proche sur Tribord...
Toujours sous gand spi mais ce soir ca se gate, devant nous se dresse un mur tout noir, un peu d'apréhension, on se tient prêt et on échange nos avis sur ce qui nous attend : affaler le spi avant ou pas, que faire contre la foudre...
Nous y sommes, ambiance apocalyptique de fin du monde, c'est noir et la pluie arrive, d'un seul coup le vent tombe complétement, méfiance... Le spi ne porte plus et traine dans l'eau, je l'affale.
Je cherche le vent mais il n'y en a plus un souffle, le génois est envoyé, je me prépare et met mon ciré. De violents éclairs grondent mais tout est calme...
Un étrange bruit sourd monte venu de nulle part... Un rideau de pluie, glaciale !
Le voilà, ça y est, c'et la guerre, moi et Roxane contre le pot au noir, c'est très fort.. le bateau se couche, la grand voile est choquée et je prend 2 ris en 15 secondes. Avant de me ruer sur la plage avant pour affaler le génois, ca souffle vraiment fort 30 noeuds ? Plus ? Sur la plage avant, c'est l'action, descendre vite ce génois qui claque avant de tout péter, la pluie est vraiment froide, les embruns paraissent brulants... étrange contraste.
Grand voile seule a 2 ris, je rentre quelques instants me mettre a l'abris... et alors que je suis sur le point de me faire une petite soupe pour m'en remettre, François m'apprend qu'il a déjà renvoyé toute la toile, ah le bougre ! Ok une fois de plus il a raison, de retour sur le pont il faut en effet se sortir le doigts du c... Ca a molli et il est déjà temps de remettre du charbon ! Bienvenu dans le Poto !

Après cette nuit agité, le lendemain (Le 15) est une nouvelle belle journée a glisser sous grand spi sous le soleil... Bizarre, on en discute et on commence a se dire qu'on a beaucoup de chance d'avancer comme ca à cette lattitude.
Le soir un nouveau grain approche, méfiance. Très menacant mais moins large, je pense que ça devrait passer à coté. Je garde le spi, barre et écoute en main, sur le qui-vive... Et me fait ceuillir violamment ! D'un coup, bateau couché, départ au lof, je choque, impossible de ramener le bateau... Affalage en catastrophe, le spi claque dans tous les sens, je choque l'amure, ca part violamment.
Bref, je dois finalement ramener mon spi au winch tellement c'est fort et tant bien que mal j'arrive a le ramener, Ouf ! Je me demande comment c'est possible qu'il soit encore la et entier, je me remet de mes émotions, laisse passer le grain... et renvoi mon spi !

Une bonne nuit cette fois, presque une grasse mat', je me réveille tranquillou et me prépare un petit café en musique. Le vent est globalement de plus en plus faible mais toujours la et de secteur est, on ne va pas s'en plaindre, d'ici une centaine de mille on devrait être sorti de la... sans trop de mal si ca continue comme ca ! Je met enfin la tête dehors, et découvre à quelques encablures sous mon vent un mini ! C'est François ! Décidément l'Atlantique est tout petit !!! « François, met la bière au frais, on déjeune ensemble a midi !!! ». La vacation nous place a la même distance du but (1380 milles), devant nous a 3 milles il ya Sandrine et a 10 il y a Marc...

Alors que notre écart latéral se réduit tout doucement, devant nous se dresse un nouveau phénomène... On pourrait appeler ça un grain, mais c'est trop gros... Un front ? Non, c'est trop dense, trop noir... Quoi que ce soit, c'est préoccupant et je ne vois pas de stratégie qui m'incite a aller m'en écarter a gauche ou a droite. Ca n'a pas l'air drole, mais il va falloir se résigner a rentrer dans ce truc... en esperant le traverser rapidos !
On approche, cote a cote, bataille rangé, le 228 et le 445 contre le gros nuage... Ca fraichit doucement et refuse. Prudent, je roule le gennak, envoi le génois, et borde tout ca pour garder le cap. François suit le vent et tourne de 90° a droite... A t'il raison de chercher a contourner ce monstre ? Aucune idée mais je ne vois pas de bonne raison qui m'incite a le suivre, j'enfile mon ciré et fonce droit devant... Soudain il fait une manoeuvre encore plus surprenante : affalage de son code 5 et demi tour... il passe dans mon arrière pour aller chercher la gauche du nuage cette fois.... Bizarre...
« François de Fab, t'as peur du nuage ou quoi ?
Ouais fab, pas envie de rentrer la dedans, ca va être la grosse molle
bon ben écoute moi je préfère la jouer tout droit, on fera les comptes plus tard...
Ca roule A+et bon courage avec ce merdier »
Le rideau de pluie approche.... tout fermer vite fait... Douche froide ! Plus de vent plus de visibilité, il fait hyper sombre en plein après-midi... Quelques heures d'énervement intense, trempé, le vent qui tourne, s'éssouffle, la bome qui bat et tape dans tous les sens... Et moi qui m'énerve dans tous les sens, a gueuler seul sur mon bateau, je n'avance pas d'un poil : le moral en prend un sale coup. Finalement, le vent se lève, de sud, la ou j'aimerais aller pour sortir de ce merdier... Ca commence a rentrer, il faut changer de voile d'avant, je suis tellement démotivé et exténué que le génois trempé reste un long moment en vrac dans le cockpit...
Allez il faut reprendre le dessus, ranger, matosser, optimiser son cap... Le vent est vraiment fort desormais, GV a 2 ris et je pense a prendre un ris dans le solent. Le ciel est très sombre, on est sous un énorme nuage avec néanmoins des zones un peu plus claires et clémentes qui donnent lieu régulièrement a des bascules impressionnantes (cad changement de direction de vent). A chacune d'entre elle il faut réagir, en général trop tard, quand toutes les voiles sont à contre et que le bateau a viré intempestivement, changer de bord et surtout MATOSSER ! Déplacer tout ces foutus bidons de flotte, ces sacs de bouffe et autres voiles, mouillage... C'est épuisant. A chaque fois se reposer la question : est ce le bon bord ? Sur tribord je me retrouve régulièrement a 130°, et sur babord a 270°, alors que je voudrais faire du 180-200, mais justement tout est la : 180 OU 200, optimiser se descente dans le sud pour sortir de cette zone ou privilégier la route directe un peu plus a l'ouest ?
Les conditions sont affreuses, nuit noire, mer hachée, pluie forte continue et glaciale,houle complètement desordonée, vent parfois très fort, plus de 35 noeuds et surtout en pleine face, la vitesse fond ne dépasse pas les 4,5 noeuds, soit 3 noeuds au maximum sur la route directe, tirer des bords au milieu de l'Atlantique, a plus de 1000 milles de toute cote, quelle horreur !
Je cherche un peu de réconfort coté VHF mais ce n'est pas la joie, il semble que certains on le moral encore plus atteint que moi... Et puis des mauvaise nouvelle du coté de Sandrine, son bateau aurait été frappé par la foudre, ca a l'air d'aller pour elle mais personne n'arrive vraiment a la contacter en direct, on arrive juste a capter gaetano qui est proche d'elle... Stressant... Il n'y a que François « le warrior des mers » qui se sent chez lui « C'est cool ca me rappelle la manche ! »...
Je sent le bateau soufrir et m'inquiète, pas un bon endroit pour démater, au milieu de rien, je vais péniblement prendre un ris dans le solent, je fait tout de travers, entre fatigue et énervement, je ne suis pas très beau a voir, il vaut mieux être en solo dans ces moments la...
Un brin de lucidité me fait dire qu'il vaut mieux désormais privilégier l'ouest que le sud, je décide donc de rester babord amure tant que le cap reste inferieur a 270, j'en avise mes collègues qui ne semble pas du même avis et insistent sur tribord... « On fera le bilan a bahia la semaine prochaine autour d'une Caipi ! »
Ce calvaire durera 24 heures, a « jouer » avec les bascules de vent, a esperer a chaque fois que cette fois on est sorti... Et puis ce soir du 17 octobre, vers 17h TU par une latitude de 4°40' N je sors enfin du pot au noir, le ciel se dégage, le vent se stabilise 15 noeuds de Sud-est... Cap au 210, sur Fernando de Noronha a 500 milles de la, j'optimise les réglages, tout est matossé a fond sur babord, et même sur le pont : Gennak, spi, linge sale, poubelles... Tout ! Avec ce rayon de soleil, la musique et la bonne humeur... une bière peut-être ? Non elle ont toutes explosées !
Coté classement, je suis passé de la 31ème a la 23ème place, un passage difficile mais pas inutile, Francois est a 20 milles derrière, Sandrine à 40 et Marc me Talonne, en Bref, je suis passé devant tout mon petit groupe ! C'est la fête !
Devant moi c'est la dernière (longue) ligne droite, une chevauchée de 1400 Mille sur une allure plus serrée qui s'annonce moins confortable, un grand test d'endurance... Pour l'instant je choisi de ménager le bateau et de récupérer, il y a quand même quelques « étapes »: l'équateur, Fernando de Noronha (marque de parcours), puis Recife et un bon bout de Cote Brésilienne... Mais ça c'est une autre histoire ! A suivre !

jeudi 14 janvier 2010

2010 ? Encore ! Mais quoi ?

De retour d'une petite tournée avec ma chérie, De Barcelone a Milan en passant par Collioure, Marseille mais aussi Aoste, Lugano... Je fais donc un petit break dans mon récit transatlantique pour vous présenter tous mes vœux pour cette nouvelle année...
Une petite video qui vous donnera le sourire vaut mieux qu'un long discours :



Je ne sais pas encore exactement de quoi sera fait 2010 pour moi mais pour sur ce sera du changement ! A commencer par un aller simple pour Stockholm mercredi et quelques semaines de cours de Suédois... Bref la migration de la cigogne prend donc ici tout son sens et il faudra suivre ca dans les prochains mois.

Encore meilleurs vœux a tous !

dimanche 27 décembre 2009

Un tapis volant au Cap Vert !

le 7/10 on pouvait lire sur le blog « le havre course au large » :
« François Champion est lui en milieu de flotte en compagnie de deux autres Pogo1 (Sandrine Bertho et Fabien Meyer). Auteurs tous les trois d’une belle trajectoire ils confirment que le Pogo1 n’est certes pas le bateau le plus rapide, mais qu’il tient toujours son rang en milieu de flotte et qu’il est tout à fait adapté à un projet amateur qui ne peut de toutes façons pas espérer terminer dans les premiers »




J7, le 9 octobre... Voilà donc une semaine que nous sommes partis de Madère, l'alizé est enfin rentré, d'abord un bon petit 15 noeud de Nord-est, et le voilà maintenant avec des rafales a plus de 25.
Le temps est beau mais pas très clair, un peu brumeux, visibilité assez mauvaise, des petits nuages pommelés parsèment le ciel, assez monotone.
La nuit a été intense, a fond la caisse sous grand spi dans les premiers surfs de fou qui n'en finissent pas, constament lancé a plus de 10 noeuds, impossible de se reposer dans ces conditions, un mélange d'excitation d'être en course, de pur plaisir de barrer son petit bolide dans ces conditions merveilleuses, un peu d'angoisse aussi de tout voir partir au tapis, quelques inquiétudes pour mon seul et unique pilote auto qui travaille énormement et puis il est difficile de desserer les fesses dans sa banette quand on sent les accélérations folles et le raffut qui va avec en pleine nuit noire...Petite pause bien méritée en fin de nuit, il me faut réduire et passer sous petit spi, j'en profites pour une paire d'heures de vrai sommeil et renvoi « le pti » vers 8h, des cigarettes sur les oreilles, des barres « MuleBar » plein les poches, un thermos de thé pas loin, chapeau-lunettes-crème solaire, une bonne playlist de musique calée dans le mp3 : voilà comment on se prépare a une longue journée a la barre...

Je renvoi le spi, et on prend une belle accélération comme un coup de pied au cul, ranger les bout pour anticiper l'affalage, caler le coussin et c'est parti mon kiki !11h TU, l'heure de la vacation quotidienne approche, Denis le directeur de course nous parle sur les ondes courtes assez difficiles a capter pour nous donner la meteo sur 48h et notre classement + distance au but... Peu de contact avec la flotte autour, c'est donc un moment important pour savoir si je tiens le rythme par rapport a mes collègues et savoir si ca va rester aussi soutenu jusqu'au cap vert. Je fait quelques essais de réglage du pilote pour vérifier qu'il puisse assurer le coup pendant cette demie heure... C'est limite mais ca devrait le faire. Je descend, livre de bord, bloc note, « table a carte » (planche de contreplaquée), stylo et poste radio, je branche l'antenne. Coup d'oeil sur la montre : 11h04, l'emission commence dans une minute, je met en route le poste et le cale sur 13.146 Mhz (il y a 5 fréquences dispo mais celle ci marchait plutot pas mal ces derniers jours...). Ca crachouille, voix de denis très déformée, j'ajuste le réglage, ca prend forme... Comme tous les jours sa voix devient familière : « Salut a tous les minis de la Transat 6.50 charente-maritime Bahia, en route pour Bahia ! Pour commencer un peu de musique pour régler vos appareils... » s'en suit une musique impossible a reconnaître puis vient la meteo, situation générale et bulletin par zone, comme une petite mélodie habituelle : « Anticyclone 1026 sur l'ouest du portugal, derpression relative sur Mauritanie-Senegal, Alizé modéré des canaries au Cap-Vert, plus instable par l'est, faibli et tourne au Nord demain.... » Puis la posisition de la fameuse ZIC, la zone-intertropicale de convergence, le sujet d'après le cap-vert dont nous aurons l'occasion de reparler... « Pour la zone Ouest Cap-Blanc, le 10 a 12hTU pression 1017, Vent NNE 5, rafale 30 noeuds et grain, faudra ranger les grands spi » précise denis...
Pendant ce temps dehors ca surf a bloc, quelque rafales me font sortir un peu pendant la meteo « in english » en attendant les classements. « Classement établi a 7h TU, pour les bateaux de séries... » puis commence la longue énumération... ca approche et j'ai hate d'entendre mon classement pour aller me remettre a la barre c'et vraiment chaud la... « 28ème, le 236, Sandrine Bertho a 2411 milles de l'arrivée, 29ème le ... » Le bateau part méchamment a la contre-gite sur un coup de roulis et par voie de conséquence commence a abattre sérieusement, je retiens mon souffle et impuissant avec ma radio sur les genou je crie en vain a mon pilote « tire la barre bordel ! ».... pas assez visiblement et c'est le départ a l'abattée....Le bateau empanne, la bome change de bord avec violence et vient cogner dans le pataras (cable qui tient le mat sur l'arrière), et se retrouve bordée « a contre » (a l'envers) ce qui a pour effet de coucher le bateau sur l'autre bord et de le faire remonter vers le vent... Le spi se retouve gonflé et rempli d'eau, tout a l'envers aussi, tangon dans l'eau, et le bateau qui continue de se coucher...Bref un peu difficile a envisager mais pour moi le résultat est le suivant : je suis vautré dans un bateau couché a l'horizontale avec ma radio sur les genous et je commence a embarquer de l'eau par la descente... Positivons : la situation est stable et le mat est toujours debout ! J'enfile mon gilet, je m'attache et sors tant bien que mal, pas de précipitation, il faut faire les choses dans le bon ordre si je veux avoir une chance de tout récupérer en état... D'abord fermer la porte ! Reprendre le pataras au vent pour maintenir le mat, puis choquer dans l'ordre : Pataras (l'autre), hale-bas de GV, amure de spi et tenter de récupérer ce spi tant bien que mal.... Une heure plus tard tout est en ordre et aucune casse mais j'ai pris un sacré coup de chaud, une pause s'impose et desormai je me promet d'affaler le spi pour la vacation dans de telles conditions !
Les 2 jours qui suivent sont sur le même rythme : grosses bourres sous spi la majeure partie du temps entercoupées de pauses (affalage du spi) imposées par la fatigue et la faim, un départ en vrac, un changement de voile, un empannage ou .... le mal au fesse ! Et oui je vous passe le détail, mais l'humidité + sel + frottement + chaleur font des ravages et imposent des sessions rincage-séchage-crémage (genre Mytosil)- mise à l'air...
En dehors de ça, le moral tient bon même si c'est très dur physiquement, je suis devenu une machine a naviguer, j'ai l'impression que ma tête est vide de tout et ne pense qu'a la stabilité du bateau, a me demander si je tiendrais le grand spi, ou si je dois prendre un deuxième ris dans la grand voile...
Dans la catégorie « départ au tas mémorable », il faudra quand même noter, le 11 au petit matin un enfournement sauvage (plantage de l'avant du bateau en bas d'une vague en survitesse), l'étrave pourtant volumineuse s'enfonce, s'enfonce... jusqu'au pied de mat, le temps de perdre sa vitesse supersonique, l'arrière du bateau de lève dangeureusement, les safrans sortent de l'eau... ouhlala ! chaud ! Mais finalement le bateau s'arrête et se couche « normalement »...
Ce soir la j'arrive enfin sur l'archipel du cap vert, après mon cafouillage au canaries, je décide de passer loin des îles dans le passage le plus large et le plus proche de la route directe, je suis assez seul par la, je crois que la plupart passe dans l'ouest, soit pour une escale technique a Mindelo, soit pour se rassurer et y boire un coup si l'envie leur vient mais je n'y voit pas trop d'interet stratégique.
Je marche bien et j'ai maintenu ma place a la 33ème position, nous sommes les 3 pogo 1, sandrine a 4 Milles devant et Francois a 15 derrière...
Le vent molli et les conditions deviennent vraiment agréables glisse sous grand spi par 10 noeuds de vent, repos, rangement, ménage.... J'en profites pour ouvrir quelques petits mots gentils que m'ont laissé mes amis. Mes pensées voyagent instantanément vers eux et avec elle tout un lot d'émotions qui explosent littéralement, nostalgie... la joie d'être triste ! Tous me manquent beaucoup mais j'imagine déjà le bohneur de retrouver mes proches après cette aventure...
Nuit calme sous grand spi au milieu de l'archipel, mis a part le croisement d'un caboteur. Au petit matin (le 12 oct) alors que je me réveille, j'aperçois un grand voilier sur babord, c'est Podorange, un bateau accompagnateur sympa.
« Podorange, Podorange du 445 vous me recevez ?
Salut Fabien, te voilà réveillé... On va essayer de faire quelques images.
Ok super, Je pense que je vais profiter de mon empannage pour faire une petite pause ti-dej avant de renvoyer sur l'autre bord...
Ok , on essaye de se rapprocher, fais nous signe quand tu renvois »

J'affale donc le temps de me faire un bon casse-croute, puis vient le temps de la vacation VHF qui est un sacré divertissement aux coté de « Podo »: Poème, dicton du jour, quizz avec Caïpi a la clé...
Je me prépare a renvoyer et en avise mes compagnons, « Tu es sur d'etre bien prêt ? Tu t'es brossé les dents ? », dernier détail a régler donc et feu ! Ca glisse bien et j'essaye de me rapprocher mais pas moyen d'abattre suffisament, je les double d'assez loin et accélère progressivement au fur et a mesure que le vent monte, je suis desormais a l'ouest de Fogo, un immense volcan de 3000 m qui promet un sacré dévent. En continuant comme cela au sud je devrais tomber dedans... mais si loin que j'epère en être sorti. En attendant je profites d'une belle accélaration su le coté de l'île qui me booste littéralement dans une mer régulière, les plus belles moyennes que j'ai jamais faites, un pur régal, et facile a tenir cette fois ! Malgré les avertissement des collègues a la VHF « Fais gaffe, j'ai entendu que le dévent de cette ile pouvais aller jusqu'à plus de 100 milles ! », je me dis qu'il me suffira d'empanner si le dévent se fais sentir....
Erreur ! encore une fois, le temps de diner un bon « Dardus » (un bon petit plat en sauce type « Civet De boeuf a la canelle du sri-lanka »), le vent en plus d'être tombé, a complétement tourné, quasiment de 180°... Zutzut zut, me voilà sous génois a faire de l'ouest a 3 noeuds pour essayer de sortir... Je vais prendre cher au classement alors que j'ai fais une journée de fou a me surpasser... Grr j'enrage mais assume finalement ma bourde et en profites pour aller faire un gros dodo.
Ce n'est que le lendemain (le 13) que le vent revient, médium de NE, a la vacation, je suis 31ème, après être repassé 29 hier, je suis derrière sandrine et Francois m'a passé aussi... Décidément les îles c'est pas mon fort !

Devant moi il n'y a plus rien, plus de terre mais un gros « passage a niveau » qu'on appelle le « pot au noir », une épreuve dans l'épreuve, vu mon manque de préparation, je n'ai absolument aucune stratégie pour passer ça, et après avoir essayer de glaner quelques infos auprès des collègues a portée de VHF, je décide de faire simple, tout droit et plein sud dès que tu rentres dedans !
Drôle d'impression que de n'avoir plus de terre comme repère, juste un cap, une position et de l'eau partout... Ayant dèjà passer ce pot au noir, je pensais savoir a quoi m'attendre, de long moments de calme et de beau temps entrecoupés de bons petits grains... Je me trompais !

A suivre... et Bonne Année 2010 !

jeudi 10 décembre 2009

Histoire de girouette dans les alizés...

J5, le 7 octobre au matin.
La nuit a été grandiose, mer belle, vent médium, sous gennak et surtout pleine lune, un des grands moment de bonheur de cette transat !
Tellement beau et bon que même la fatigue ne m'atteignait plus, sur le pont, émerveillé, même quand on sait que ce spectacle va durer des semaines, on a pas envie d'en rater une miette.
Passé le mauvais temps, passé le stress du passage des îles, oublié ce mauvais coup tactique... Devant c'est les tropiques, les alizés qui vont se renforcer, pour l'instant c'est calme mais pas trop, ca glisse sans remuer... Magique ! Du coup j'ai un peu fait la bringue... Et oui on peut faire la fête en solo, musique a fond dans le cockpit, je débouche une de mes précieuse bière, l'agrémente de quelques graines et d'une bonne cigarette... J'ai même dansé je crois, heureux d'être la, des émotions plein la tête ! Dommage, j'avais tellement la tête ailleurs qu'il n'y en a pas d'image...

Bref, ce bon moment passé, un gros dodo a peine interrompu, sans doute trop long mais sans conséquence cette fois... Le jour se lève, je suis un peu vaseux mais de bonne humeur, réveil en douceur le temps d'apprécier une paire de bon café (et oui j'ai la cafetière a bord !!!)
Me voilà opérationnel, reposé, d'attaque pour en découdre et remonter quelques places, l'heure du grand spi a sonné et en quelques minutes le voilà a poste. Toujours a fond mais il n'y a plus rien a faire, un peu trop mou pour être a la barre je cherche quelquechose a optimiser : réglage, matossage, rangement, livre de bord, trajectoire, analyse meteo... tout est en ordre... ou presque, me voilà donc au portant et il m'arrive de lever la tête pour interroger ma girouette qui n'est plus la. Paix a son âme, ce n'est pas grand chose mais ca m'handicape, surtout dans ce petit vent pour trouver mon angle de descente optimal. Un petit pincement a chaque fois de sentir mon bateau « blessé » et pas a 100%... Alors l'idée germe vite : en fabriquer une nouvelle avec les moyens du bord...
Avant tout, il faut que je remonte au mat chercher le morceau qui reste. J'ai effectivement acheté le bloqueur nécessaire pour monter au mat en solo, mais quand j'ai voulu l'essayer la dernière fois au port, j'en avais conclu que la fonction descente était inutilisable sur une drisse de diamètre 6, limite un peu dangereux même... Le temps m'avait manqué pour résoudre ce point et oliv m'avait monté au mat vite fait car le programme était chargé...
Je m'en veux mais bon, après tout je suis aussi un grimpeur et je devrais m'en sortir pour descendre avec un demi-cabestan ou mon reverso moyennant une petite manip supplémentaire une fois la haut. Je répète et teste tout cela au premier étage de barre de flèche (a 3m du pont), une poignée jumard avec une pédale en sangle pour le pied et un erzatz de gri-gri comme bloqueur-déscendeur au baudrier qu'il faut monter alternativement et péniblement... puis j'affale le spi, j'appel simon que j'ai en contact VHF lointain pour lui signaler la manoeuvre et me lance, la mer est calme, me voilà en haut bien aggripé a ma tête de mat, ça bouge bien mais quelle vue ! Et surtout quelle sensation quand on baisse la tête et voit son petit bateau qui avance tout seul... Ne pas trop trainer, je récupère mon reste de girouette et actionne le descendeur avec délicatesse pour ne pas retomber sur le pont comme une pierre, et en quelques instants me revoila sur le pont avec mon reste de Girouette.



Reflexion... il reste les secteurs et le trou qui acceullait jadis l'axe de rotation. Je fouille le bateau et sors tout ce qui pourrait ressembler a un bout de girouette : Stylo, vis, goupille, un carnet plastique, un bibelot porte bohneur offert par cloclo (Evinrude, la fameuse cocinelle a hélice), quelques rondelles, de la colle epoxy, une carte plastifiée... Je passe toute la journée comme un gamin devant un mecano a essayer, comparer des solutions techniques, appeler les collègues a la VHF pour les mettre à contribution... la nuit tombe et interromp mon travail et ce n'est que le lendemain matin que j'accouche de mon invention : une girouette qui me semble suffisament précise et solide.

Entre temps le vent est monté d'un cran, la mer s'est levée et malgré mon impatience de la voir en action, j'ai une incoyable flemme de remonter en haut de ce mat qui balance... Et puis le soleil cogne déjà très fort, je verrais ca en fin de journée...
Après un frugal repas a midi, je sors faire un petit check up avant la sieste. C'est la que j'aperçois derrière moi au loin un grand spi blanc, pas un mini. Après quelques tractations à la VHF, j'établis le contact, il s'agit de Celeste, un bateau accompagnateur de 50 pieds.
L'occasion est trop belle pour monter au mat sous surveillance rapprochée, je prépare tout et affale le spi, let's go !
C'est dur cette fois, il fait très chaud et ca bouge beaucoup, chaque centimètre est gagné péniblement en agrippant bien si je ne veux pas me blesser. J'arrive essoufflé en tête de mat et met la girouette en place.
Retour sur le pont, Céleste est encore loin et pour prendre quelques images ils me proposent d'attendre un peu avant de renvoyer mon spi. J'accepte volontiers, voilà un bon prétexte pour un bon repos mérité et forcé !

Les voilà enfin a coté, a portée de voix, c'est vraiment sympa d'avoir un peu de compagnie, la star : tout un équipage sur le pont en train de mitrailler ! Je renvoie illico le grand spi et je repars doucement devant...
« - Vous pouvez envoyer un petit mail a ma chérie ?
- Non c'est interdit, tout doit passer par denis et par le site web...
- Alllleeeez.... c'est son anniversaire demain !!!! soyez cooooool les gars !
- Non c'est vraiment pas possible, mais on va faire en sorte qu'elle reçoive le message via le site... »

Et voilà, un petit mensonge pour une gentille ruse qui n'aura pas marché mais qui aura beaucoup fait parler...

mardi 1 décembre 2009

Coup de Mistoufle aux canaries !

Voici donc l'épisode 2, assez dense pour les 4 premiers jours de course, mais c'est un des passage clé donc ca le vaut bien !
Rappel : Moi c'est la trace rouge, Sandrine en violet et francois en Orange...

J3, le 5 octobre, en fin d'après-midi.

Les conditions s'améliorent, je sors un peu de ma léthargie de ces dernières 24 heures pénibles. Les canaries aprochent, la bascule a droite a eu lieu, et biensur je ne suis pas assez décalé dans l'ouest pour passer au vent de l'archipel. Trop tard pour se recaler maintenant, il faut faire au mieux et établir une stratégie optimale pour franchir l'archipel.

Tenerife est a une trentaine de milles devant moi, je sors pour tenter d'établir le contact visuel, je cherche quelquechose sur l'horizon, et c'est finalement bien plus haut que je découvre la silhouette de cette île volcanique, le mont Teide, un mastodonte de plus de 3500 mètres se dresse la devant mon étrave, la ou je suis j'ai plus de 3000 mètres de fond, ca commence a faire un joli dénivelé !

Enfin la bonne nouvelle est que je vais passer du bon coté (Ouest) de ce gros monstre qui doit contrarier sacrément mon ami éole... La mauvaise nouvelle c'est qu'il me manque 10° de cap pour passer cette pointe ouest, je prie pour que le vent continue de tourner un peu d'ici la sans quoi il me faudra tirer un contrebord douloureux vers l'WNW pendant une paire d'heure...

Stratégie... Je devrais donc passer cette pointe en milieu de nuit pour passer ensuite entre l'île de Tenerife et la Gomera au petit matin. Cette nuit sera donc intense optimiser son cap sans cesse pour perdre le moins possible et jouer avec les variations de vent que vont inévitablement apporter ces reliefs. Se reposer un peu serait une sage idée mais je n'y arrive pas, la vue d'une terre est trop excitante quand on vient du large... Je change ma voile d'avant, range tant bien que mal mon solent pour envoyer mon grand Génois de 18m².

J'avance, j'avance, la nuit tombe, Le volcan devient une masse sombre avec une grande ceinture lumineuse à son pied... Toujours pas de rotation mais a la place je tombe dans le dévent ! Idiot, allez on vire, tu as été trop gourmand ! Et voilà le bord douloureux, ca n'avance pas et pas dans la bonne direction... seul avantage, je ne me rapproche pas du rivage et essaye de nouveau un peu de repos.

Milieu de nuit, la lune s'est levée, c'est magnifique, je retourne vers la cote et croise un autre mini en train de batailler comme moi pour passer cette pointe. Je ne passe toujours pas, autre bord, merde il y a du courant, l'autre voilier m'a mis une bonne distance, j'ai l'impression de tout faire a l'envers et pourtant je suis a fond dessus. Finalement je passe cette maudite pointe en fin de nuit, je suis vraiment pas loin de la cote de Tenerife et deux options se présentent : longer la cote Sud-ouest de Tenerife tibord amure ou tirer a doite vers la Gomera pour me recentrer dans la passe...

Analyse... Vent de sud Ouest devant tourner et mollir par l'ouest, Il est préférable a priori de rester a gauche pour éviter au max le dévent de la Gomera. Le vent oscille me rapproche pas mal de la cote, et surtout la fatigue me tombe dessus. Je décide de virer pour aller dormir plus sereinement une heure ou deux avant de revenir de l'autre coté...

Sommeil... Réveil... Merde beaucoup trop tard, me voilà complétement décalé a droite, mal réglé et surtout complétement « empétolé »... (cad plus bateau arrété, plus un souffle d'air) zutzutzut grosse erreur !

J4, 9 heures du mat... Une magnifique journée en perspective, pas un nuage et ... pas un souffle d'air ! Le soleil retarde un peu son apparition, caché derrière le Gros monsieur Teide à l'est. Mais quand enfin il sort au dessus c'est gros coup de massue, ça cogne ! Enfin je me dit que c'est rien comparé a l'equateur sur les coup de midi...



Je profites quand même de ces conditions agréables après ces jours de m... On ouvre tout, on sort les vestes, chaussettes, bottes, et tout ce qui a pris l'eau et qui apprécie un petit tour au soleil. Musique, petit café, et quelle vue incroyable entre ces deux iles ! et dire que certains ne supportent pas la pétole, moi je suis plutot du genre « faut se faire plaisir dans toutes les conditions » !

Joindre l'utile et l'agréable : alléger le bateau et prendre une méga bonne douche d'eau douce, allez hop fini le près, je vide 20 litres d'un coup pour une toilette que mes fesses commençaient a réclamer et une bonne lessive !

Allez on se reprend maintenant... Il est ou le vent ? Allez je décide de pousser a fond mon option de merde et me dit que je vais trouver du thermique a droite le long de la Gomera... Nouvelle erreur, coté Tenerife au loin a Gauche j'assiste a un défilé de petit bateau qui glissouillent tranquillou sou spi... Grrrrrrrr quel sport ingrat, tu te déboite pendant 3 jours dans des conditions horribles, et voilà que tu perds tout en une journée ! Enfin, l'erreur est faites, il faut relativiser, et se reposer maintenant pour l'alizé qui va commencer a rentrer bientôt et pour longtemps...


Il ne suffira que d'un instant pour que le vent revienne assez franchement par l'ouest, affalage de spi, matossage, envoi du Gennak et c'est parti on se casse de la ! Voilà comment on passe en une journée, de la 24éme a la 32éme place...


Devant a plus de 700 milles c'est l'archipel du cap cap vert et surtout de belles glissades qui s'annoncent sous le soleil et l'alizé qui se réveillent... A suivre !